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The Devil's Rejects (attention spoilers)

le Mer 4 Avr 2007 - 11:11
un article que j'avais pondu sur le film après l'avoir vu.


un parc d'attraction lugubre, un inquiétant bonhomme peinturluré en clown, une bande de d'jeunz à la recherche du grand frisson et des couleurs flashy en veux tu en voilà... vous allez me dire, et alors ? encore un scénario fumeux de film prétendument horrifique et désirant seulement surfer sur une vague déjà bien usée.. sauf lorsque le réalisateur est un barjo atypique et fan de vrai cinéma du genre. pour son premier film, Rob Zombie, le leader du groupe White Zombie, a mis le paquet pour réussir son coup. ce n'est pas faute d'avoir eu des bâtons dans les roues car au départ la mise en place de son premier délit, house of 1000 corpses (plus connu sous le nom "la maison des 1000 morts" depuis son émergence chez nous) fut malmenée par des producteurs frileux en matière de créations, et avides de fric. heureusement que le Rob ne démord pas de ses projets, tel le zombie ne lâchant pas la jambe du cadavre qu'il rogne, et qu'il s'est saigné aux quatre veines pour cracher une oeuvre majeure de cinéma d'horreur.

non seulement la réalisation du film est impeccable, mais le spectateur se retrouve confronté à une galerie des horreurs digne de massacre à la tronçonneuse, dont la référence est énorme dans le film. les personnages sont flippant, tour à tour marrants et malsains, on ne peux s'empêcher de rire à leur conneries quand deux secondes après on les voie pratiquer des actes de tortures qui feraient se retourner le pauvre Hitler dans sa tombe... dans son son bunker je veux dire. ce premier long métrage est haut en couleur et fournis en références de bon gros fan, c'est peut être un peu dense en clins d'oeil d'ailleurs, mais quel dingue de cinéma ne rêverait pas de rendre hommage à sa passion ? j'ai personnellement été tenue en haleine durant toute la chose, me demandant où toute cette partition gorifique allait se terminer. la fin je ne la dirais pas mais elle vaux le détour.

parlons de ce qui m'intéresse aujourd'hui, de la claque monstrueuse que j'ai prise en m'asseyant devant le nouveau cru Zombie. un film dénudé d'effets esthétiques, et qui pourtant dégage une beauté presque... poétique. j'ose employer ce terme pour un film d'horreur dont les personnages ont grandis en dinguerie et en profondeur, et qui place le spectateur non plus avec les victimes mais au creux d'une famille de tueurs sanguinaires qui font passer les natural born killers pour des lopettes. outre la soif émoglobique des protagonistes, une vrai humanité transparait et touche en plein coeur celui qui les observe. l'amour est toujours plus frappant lorsqu'il existe au milieu de la cruauté et du vice ultime, les taquineries entre frère et soeur sont plus attendrissantes après un bain de sang. le réalisateur mort vivant titille un nerf sensible, et plonge le spectateur dans le trouble d'avoir le coeur pincé par ces personnages répugnants.

visuellement, le génie explose au grand jour, et à l'instar du chanteur, le réalisateur démaquille le fard et livre la marchandise brut. à un seul moment du film l'univers clinquant de la première boulette ressurgit, et contraste avec l'esthétique road movie et sablonneuse qui sévit le reste du temps. une fioriture de choix s'applique par contre, une bande son irréprochable habille les crimes avec une impertinence qui donne tout son sens à l'oeuvre. imaginez une fusillade hargneuse dont les impactes de balles sont remplacés par une chanson de country entrainante, une scène de torture enrobée d'une mélodie 70's ultra cool, et imaginez ce que ça donne. c'est comme une glace menthe/chocolat, à première vu on se dit que c'est dégueu, mais pour finir ça vous pète méchament dans les papilles. on aime ou on aime pas. moi je suis restée scotchée. il y a en ce film plus de finesse qu'on ne le croit.

le style 70 est d'ailleurs omniprésent, et des arrêts sur images kitchy viennent apporter à leur tour un décalage qui fonctionne à merveille. ou comment utiliser une réalisation charmante et punchy dans un film malsain et cruel. Rob joue avec son monde et se délecte de déstabiliser celui qui s'y aventure. il torture même l'intorturable, retourne la situation sur ses rejetons, et fait résonner les supplications dans la bouche des bourreaux, refléter la terreur dans l'oeil vitreux du diable. on aurait presque pitié d'eux, on voudrait bien qu'ils s'en sortent sans oser le dire. de quoi en déboulonner plus d'un. surtout quand le veinard qui se paye le luxe d'entuber les machines à tuer n'est autre que le cow boy de service, dégoulinant de bons sentiments et maniant les prières à son seigneur adoré comme il manie le pistolet. tout ce que je peux dire c'est que lorsqu'un fan d'elvis pète un câble, ça fait mal. mais alors très mal.

je pourrais aller plus loin mais j'en ai dévoilé beaucoup déjà, il ne vous reste plus qu'à bouger votre cul jusqu'au marchand de dvd le plus proche et recevoir votre claque du nouveau maitre incontesté de l'horreur. un titre mérité, sans prétention aucune. enfin un mec qui fait bien son boulot.

IN ROB WE TRUST. AMEN.
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Re: The Devil's Rejects (attention spoilers)

le Ven 6 Avr 2007 - 18:46
Le Big' se met en mode casse-burnes...

[mode casse-burnes on] Aïe, aïe, aïe, les fautes d' orthographe dans le titre du topic... Laughing [mode casse-burnes off]

Le Big' s' exfiltre rapidement de ce topic avant de recevoir un coup de pied au cul... sors sors sors
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Re: The Devil's Rejects (attention spoilers)

le Mar 21 Aoû 2007 - 19:47
scratch En fait tu résumes un peu les 2 films. La maison des 1000 morts (pas vu) et The devil's rejects.

Plus que des clins d'oeil du mythique Massacre à la troçonneuse, je dirai que ça peut être perçu comme une autre vision, sans la tronçonneuse. Parce que un clin d'oeil, c'est une ou 2 fois dans le film, seulement dans The devil's rejects, c'est bien le 1/3 du film qui fait penser à Massacre à la tronçonneuse.

Ce que j'adore dans The devil's rejects, c'est le changement de position de la famille, d'abord bourreau, puis victime, vraiment, on les deteste au début, mais à la fin, et malgré leurs crimes, on a peur pour eux quand ce con de Shériff pète les plombs Laughing . La fin, ben c'est digne des meilleurs road movies, belle, logique et émouvante, elle est somptueuse cool .

Indispensable pour les amateurs de films d'horreur. Je vais tâcher de trouver la maison des 1000 morts, trop trop envie de le voir.
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